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Derrière l’attrait pour le rétro-gaming, une histoire de l’art en pixels 

  • 23 oct. 2024
  • 3 min de lecture

A la Paris Games Week comme sur le marché de seconde main, les jeux vidéo “rétro” attirent un public varié. Derrière cet engouement, les amateurs et amatrices de rétro-gaming se mobilisent pour garder la mémoire de cet art en constante évolution technologique.


Par Lyssia Gingins

“Ça fait du bien de retrouver le goût de l’ancien !” Hamza, 12 ans, vient de terminer une partie de Mario Kart : Door Dash avec ses amis, au stand rétrogaming de la Paris Games Week. Le collégien, fan de Fortnite, Mario et Fifa, a joué au classique du jeu de conduite lorsqu’il était plus jeune, sur Nintendo Switch. Mais pour s’essayer à cette version qui remonte à 2003, il a cette fois dû prendre en main une manette de GameCube. 


C’est peu dire que ce stand thématique rencontre du succès à la Paris Games Week, tant le “rétrogaming” - le fait de dépoussiérer de vieux jeux vidéos et consoles pour y jouer - semble prendre en popularité depuis quelques années. Les Nintendo 64 et autre Megadrive reprennent la lumière, tandis que le jeu vidéo “vintage” devient un véritable marché de seconde main, comme le signalait récemment le Magazine des Enchères. Une exploration qui tient à la nostalgie des joueurs et joueuses, mais aussi à l’aspect historique de ce secteur qui est de plus en plus reconnu comme un art à part entière.  


Une association pour préserver le patrimoine lié aux jeux vidéo


Hamza est donc loin d’être le seul à s’enthousiasmer devant le stand qui rassemble des dizaines d’amateurs et amatrices de tous les âges. L’espace met gratuitement à disposition des visiteurs une multitude de classiques du jeu vidéo, dont certains ont déjà plusieurs décennies. L’occasion de s’essayer, seul ou à plusieurs, à Tetris, Super Smash Bros de 1999, ou une ribambelle de Monster Hunter, à l’occasion du 20e anniversaire de la série de jeux. 



A l’occasion de la Paris Games Week, cette exposition interactive de jeux rétro est organisée chaque année par l’association MO5, qui vise à “préserver le patrimoine historique lié aux jeux vidéo”, selon l’animateur de l’exposition, Lionel Crépin. Basée à Arcueil, cette association existe depuis 21 ans et compte plus de 500 membres. Elle archive des jeux vidéos pour consoles, PC ou mobiles, mais aussi les goodies et magazines associés. 


"Les éditeurs n'ont pas toujours envie que ça se conserve"


“Les classiques, ça fait plaisir aux gens”, observe Lionel Crépin, qui voit le public affluer sur son stand depuis tôt ce matin. Devant la console de Tetris, la chaise n’est jamais vide bien longtemps. “Il y a le plaisir du jeu, mais aussi la curiosité de redécouvrir des consoles et des jeux anciens.” Cet incollable de l’histoire des franchises a, pour sa part, rejoint l’association MO5 pour se rappeler de son adolescence, mais aussi pour savoir comment les jeux ont été créés.


Cette envie d’archiver et de faire connaître l’histoire est la raison d’être de l’association MO5, mais elle se confronte à des difficultés, en particulier la réticence des entreprises. “Les éditeurs n'ont pas toujours envie que ça se conserve”, souligne Lionel. “De nombreuses machines et jeux se retrouvent à la casse, par peur d’une fuite de données, ou par manque d’intérêt des commerciaux envers cette histoire. Ce sont des fois des employés de ces studios qui nous envoient discrètement des copies des jeux pour qu’on les archive.” Alors, à défaut d’une véritable politique commune de préservation, la mémoire de l’art vidéoludique repose pour l’heure sur ces quelques irréductibles.

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