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Projet de loi de Finances 2025 : ce qu'il faut retenir des débats du jour

  • 23 oct. 2024
  • 3 min de lecture

Pour ce troisième jour de négociations autour du budget de l’État, Le Phare s’est rendu à l’assemblée pour prendre la température. 49.3, motions de censure, appel à la solidarité… Les parlementaires ont tous leurs sillages bien définis. Voici notre point à la fin de journée. 


Par Rebecca Arondel et Marius Rolland


S’il y a bien des mots qui ont été prononcés aujourd’hui dans les couloirs du palais Bourbon, “49.3” et “motion de censure” sont ceux qui étaient à la bouche de tous ce mercredi 23 octobre. 


Le député du groupe présidentiel et ancien ministre du Budget Thomas Cazenave jugeait il y a quelques minutes au micro de nos confrères de LCP  “Quoi qu'il arrive, il y aura forcément un article 49.3 qui permettrait de mettre un terme aux échanges”. En cause, une “issue assez incertaine” sur le texte, conclut le désormais député Renaissance de Gironde.

Certains membres de la majorité, à l’instar de Prisca Thevenot, eux, se veulent rassurants, Je ne vois pas Michel Barnier arriver avec un 49.3 sur la table, assurait l’ancienne porte-parole dans la salle des quatre colonnes au micro du Phare.  


Mais ce matin, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a confirmé qu’il en était bien question en conseil des ministres. “Il est probablement plus facile et plus sain de pouvoir l'utiliser”, ce sont les mots à peu près exacts d’Emmanuel Macron, rapportés par Maud Bregeon. Et la porte-parole de l'exécutif d’appeler plus tard dans la journée d’appeler la coalition gouvernementale à “faire preuve de solidarité”... 


Pendant ce temps, c'est la motion de censure qui fait menace. Le NFP souhaite déposer une motion de censure qui permettra d’abroger la réforme des retraites. C’est la promesse que fait le député insoumis Antoine Léaument, en condamnant l’absence de véritable envie du RN de lancer une motion de censure “à la hauteur”. Le parti d’extrême droite souhaite d’ailleurs repousser cette possibilité pour le moment, et réclame la poursuite des débats dans l'hémicycle à l'Assemblée pour mettre en avant ses « contre-propositions”. 


Les points d'évolution


Les budgets de l’agriculture et de l’écologie passés au crible


Le gouvernement a été mis à l'épreuve lors des séances de question au gouvernement. À l’Assemblée, la ministre de l’agriculture Annie Genevard a été interpellée sur son budget, diminué de 300 millions d’euros. Elle a assuré que “tous les engagements” pris auprès des agriculteurs l’an dernier étaient “tenus” dans le budget 2025. Pourtant, les agriculteurs ont de quoi s’inquiéter, d’autant que la crise agricole s’aggrave de difficultés climatiques et sanitaires.


Autre budget sévèrement critiqué : celui alloué à l’écologie et à la transition climatique. La ministre Agnès Pannier-Runacher, elle-même, admet que ce budget dont la hausse est en trompe-l'oeil n’est “pas à la hauteur". Au Sénat, l’écologiste Thomas Dossus a pointé un  "coup de rabot violent sur l'écologie”, qui  “aggrave la dette écologique pour régler la dette financière". 


SMIC et consultations médicales 


Plus tôt dans la matinée, quelques mesures phares ont été annoncées en conseil des ministres. La ministre du travail Astrid Panosyan-Bouvet a décrété la revalorisation du SMIC, “première pierre” pour soutenir les salaires. Il sera augmenté dès le 1er novembre 2024, à la place du 1er janvier 2025. Son futur montant passe de 1383 à 1426 euros net, soit une augmentation de 2%, à l’image de l’inflation.


De quoi soulager le portefeuille des français en amont. Pour éviter que le SMIC ne devienne un salaire à vie, la porte-parole du gouvernement compte sur la réforme des allègements de charges prévue dans le projet de budget de la Sécurité sociale. Avec pour principal objectif de la réforme “d’inciter les employeurs à revaloriser les salaires".


Si Maud Bregeon se voulait rassurante sur le portefeuille des français, elle n’a pu jouer que la carte de la compassion concernant les plus précaires face à leurs dépenses dans la santé. Car le PLF 2025 prévoit l'augmentation de la consultation des médecins traitants à 30 euros, et une baisse du remboursement par la sécurité sociale. Pour autant, la porte-parole refuse de "laisser penser que le gouvernement abandonne les Français les plus précaires". Seul argument en poche : la revalorisation du minimum vieillesse au 1er janvier prochain. 


Suivez les débats sur le Budget sur le site et les réseaux sociaux du Phare.

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