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L’écologie, grande oubliée du vote du Budget 2025 ?

  • 23 oct. 2024
  • 2 min de lecture

Si sur le papier l'enveloppe allouée à la transition écologique semble généreuse, elle ne couvre en réalité que très partiellement les besoins du secteur. Analyse.


Par Rebecca Arondel

Dans les premières pages de son projet de loi de finances (PLF) 2025, le gouvernement met l’accent sur la transition écologique. Vendue comme étant au cœur de ce budget, elle serait “favorisée par certaines mesures fiscales”, qui auraient pour effet d'inciter à une plus grande sobriété. Dès l’ouverture des débats lundi, à l’Assemblée nationale, le ministre du Budget et des Comptes publics Laurent Saint-Martin s’est réjoui d’un budget “qui n’a jamais été aussi vert”. Un budget "pas à la hauteur" pour la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher.


A première vue, ce budget de 16,8 milliards d’euros paraît plutôt généreux - celui de l’intérieur est par exemple de 17,29 milliards. Il est même en hausse de 2 milliards, par rapport à l’an passé. Cependant, cette hausse est principalement due à un retour à la normale de l’enveloppe dédiée à l’énergie, notamment aux énergies renouvelables. Maintenant que la crise inflationniste de l’énergie est passée, et les prix revenus à la normal, le subventionnement de l’État au service public de l'énergie repart : 6,21 milliards en 2025 contre 1,69 milliard d’euros en 2024. 

 

La ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher parlait le 11 octobre de « budget de combat » dans un contexte de finances publiques « difficile ». Elle poursuivait : « ce budget assume certaines réductions de dépenses sur des enveloppes d’intervention. » Ainsi, certaines mesures permettant de s'adapter face au changement climatique voient leur enveloppe fortement réduite dans le PLF de 2025. Ce qui fait craindre un recul pour l'écologie.


L'aide à l'achat des véhicules électrique fortement touchée


La principale coupe dénoncée concerne les aides à l’achat d’un véhicule électrique, qui baissent d’un tiers par rapport à 2024 : 1,5 milliard l’an passé pour seulement 1 milliard en 2025. Selon le gouvernement, elles seront "recentrées" vers les publics qui en ont le plus besoin pour leurs déplacements quotidiens. Pourtant, le chercheur en transition énergétique des transports Aurélien Bigo, expliquait dans Médiapart, que “les aides à l’achat jouent un rôle très significatif dans la décarbonation du secteur”. 

 

De la même manière, la Prim’Renov, ce dispositif qui subventionne la rénovation énergétique des logements, se retrouve amputée d’un milliard. Lancée en grande pompe par Emmanuel Macron en 2020, elle permet d’aider directement les ménages à effectuer des travaux d’isolation. Concernant la prévention des risques, le budget d’intervention de l’ADEME, l’agence de la transition écologique, est diminué de 1,37 milliard d'euros à 908 millions d'euros.


Enfin, les collectivités territoriales vont aussi perdre en marge de manœuvre. Le Fond vert qui les incite à développer des actions en faveur de l’adaptation et de l'atténuation, comme l’isolation des bâtiments publics locaux, est diminué d’un milliard dans le PLF.


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