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Budget : Le «socle commun» de Michel Barnier à la dérive

  • 24 oct. 2024
  • 2 min de lecture

L’ouverture des débats sur le projet de loi des finances de 2025 à l’Assemblée met encore un peu plus en lumière les divisions de la fragile coalition gouvernementale. 


Par Noé Megel


Michel Barnier en séance de questions au gouvernement à l'Assemblée Nationale à Paris, le 23 octobre 2024. cred. ISA HARSIN/SIPA


Lors d’une nouvelle rentrée des classes, rien de tel que de taper sur ses anciens copains pour se faire des nouveaux amis. Cela s’applique aussi en politique. Début octobre, le Premier ministre Michel Barnier s'inquiétait déjà du manque de «solidarité des différentes entités» du «socle commun», terme désormais consacré pour désigner l’ensemble des députés qui soutiennent la coalition gouvernementale.


Dernier accrochage concret en date, mardi 22 octobre, le vote pour remplacer la ministre de l’Agriculture Annie Genevard à la vice-présidence de l’Assemblée. La double candidature de la députée LR Virginie Duby-Muller, soutenue officiellement par le camp présidentiel, et du MoDem Christophe Blanchet a profité à l’écologiste Jérémie Iordanoff, élu au perchoir. Un nouveau raté pour le socle commun d’autant que les deux camps s’accusent mutuellement. Pas certain que Michel Barnier soit rassuré.


«On n’est pas encore habitué à travailler ensemble»


En plus du MoDem, le gouvernement entretient des rapports compliqués avec les LR, notamment sur la taxation des entreprises et des plus riches, mais surtout avec les anciens ministres Gabriel Attal et Gérald Darmanin qui tentent de se frayer un chemin de soutien critique du gouvernement. Ce dernier a d’ailleurs avancé, avec l’ancienne ministre Olivia Grégoire et le député Mathieu Lefèvre, la cession de 10% des 180  milliards d’euros de participations dans les entreprises cotées pour contrer la hausse de l’impôt sur les sociétés ou celle des cotisations patronales. 


Une proposition qui réduirait la dette, mais pas le déficit. Réponse de Bercy : mauvaise idée. Le duo de jeunes loups macronistes Antoine Armand et Laurent Saint-Martin, respectivement ministre de l’Economie et du Budget, ont pourtant marqué leurs différences avec Michel Barnier notamment lorsque le premier a exclu le RN de l’arc républicain avant de se faire reprendre par le Premier ministre. Autre division : le Garde des Sceaux Didier Migaud, seul membre issu de la gauche dans le gouvernement, avait menacé de démissionner suite à la baisse du budget au ministère de la Justice. 


Tous ces imbroglios poussent les élus à reconnaître leurs torts. Pour le député Mathieu Lefèvre, cité dans le Figaro, le péché originel a été de ne pas s’être mis d’accord sur un programme avant de s’allier. «On n’est pas habitués à travailler ensemble», reconnaît Marie Lebec, députée EPR (issue de LR) et ex-ministre des Relations avec le Parlement. Si une faute avouée est à moitié pardonnée, les divisions persistent sur le 49.3. Certains, dont le député EPR Eric Woerth appellent même à le dégainer «le plus vite possible». Une seule chose est sûre, Marie-Claire Carrère-Gée, ministre déléguée chargée de la coordination gouvernementale, a encore du pain sur la planche.

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