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Budget : La Nouvelle-Calédonie sert la ceinture face à l’inaction métropolitaine

  • 24 oct. 2024
  • 2 min de lecture

La province Sud de l’archipel a décidé de bâtir un budget 2025 avec des recettes réduites et des coupes drastiques envisagées. Suite aux émeutes ravageuses des derniers mois, la Nouvelle-Calédonie peine à retrouver sa santé financière et déplore le manque de considération du gouvernement français et de l’Assemblée nationale.


Par Max Blanc


Tandis que tous les yeux sont rivés vers l’Assemblée nationale, un autre hémicycle français affichait salle comble ce jeudi 24 octobre. En Nouvelle-Calédonie, les élus de la province Sud se sont réunis pour débattre de l’orientation budgétaire du territoire pour 2025. Au cours des derniers mois, la situation sociétale chaotique sur place a plongé la province dans une crise sans précédent. « Pour vous donner une petite idée, on revient au montant des recettes fiscales de 2004. Concrètement, on a un recul de 20 ans des recettes », a alerté Sonia Backès, présidente de la province Sud, à nos confrères de Franceinfo.


Braises incandescentes


Pour rappel, depuis le 13 mai dernier, l’archipel a été frappé par de violentes émeutes. Celles-ci résultent de différents politiques et sociétaux entre le peuple indépendantiste Kanak et le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie jugé «illégitime» par ces derniers. Les affrontements ont coûté la vie à onze personnes, fait des centaines de blessés et entraîné le décret de l’État d’urgence pendant douze jours dans la province. Au-delà des conséquences humaines, ces incidents ont considérablement fragilisé une économie locale, déjà considérée comme instable.

Au cours de cette nouvelle assemblée, la sonnette d’alarme a donc clairement été tirée. «On n’est pas en train de faire un retour en arrière. On est en train de voir la Nouvelle-Calédonie plonger dans le tiers-monde», a conclu Philippe Blaise, premier vice-président de la collectivité.

Pour l’année à venir, les élus provinciaux ont dû revoir à la baisse leurs standards budgétaires. Les pertes fiscales de l’an passé sont estimées à 17,8 milliards de francs CFP, soit près de 150 millions d’euros. Par conséquent, le budget prévisionnel est amputé de 31% de sa valeur. Des coupes drastiques sont également envisagées même si les secteurs visés restent encore à définir.


Bouteilles à la mer


Au-delà de ce serrage de ceinture, les élus locaux ont surtout pointé l’inaction du gouvernement et la mise sous silence de leurs problématiques dans les discussions budgétaires actuelles. « La réponse de l’État à notre demande d’aide d’urgence n’est pas du tout à la hauteur des enjeux, de la gravité du moment et des menaces», a déploré Philippe Michel, élu Calédonie Ensemble au micro de Franceinfo. Sonia Backes a, elle, regretté le «décalage» entre «les déclarations politiques et les échanges avec Bercy» taxant même le ministre de l’Économie d’être le «fossoyeur de la Nouvelle-Calédonie».

Afin d’aider à la reconstruction matérielle et sociétale de l’archipel, l’État français avait annoncé débloquer 130 millions d’euros début septembre. Un coup de pouce qui, semble-t-il, met du temps à se concrétiser. Le sujet pourrait rapidement revenir au cœur des conversations à l’Assemblée nationale.

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