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Budget 2025 : le paradoxe de l’agriculture, entre coupes budgétaires et promesses tenues

  • 23 oct. 2024
  • 2 min de lecture

Dans son projet de loi de finances, le gouvernement essaye de ménager un secteur agricole en crise depuis le début de l'année avec une main tendue... très relative.


Par Paul Dubois

Donner d’une main pour reprendre d’une autre. C’est le choc annoncé par le projet de loi de finances 2025 : 300 millions d’euros en moins pour l’agriculture. Une baisse qui réduit le budget du ministère de l’Agriculture de 6,6 % alors qu’une crise majeure fait rage. Après une année 2024 marquée par une crise agricole sans précédent, cette coupe fait grincer des dents. Mauvaises récoltes, vendanges désastreuses, maladies dans les élevages. 


Le secteur sort d'une tempête et s'attend à un soutien massif pour reprendre souffle. Cependant, avec 300 millions en moins, les promesses semblent compromises. Les agriculteurs, déjà fragilisés par une conjoncture difficile, comptaient sur une aide budgétaire. La réduction des crédits est mal perçue, notamment après un hiver marqué par de mauvaises récoltes. Malgré cela, le gouvernement maintient plusieurs engagements clés, qui, bien qu’insuffisants pour compenser totalement la baisse, offrent des perspectives positives.


Des engagements respectés


La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a déclaré mercredi devant l'Assemblée nationale que la hausse de la fiscalité sur le gazole non routier (GNR) a été annulée, ce qui constitue une excellente nouvelle pour les exploitations agricoles. Ce carburant est indispensable pour le fonctionnement des machines agricoles. Cette mesure vient soulager des milliers d’agriculteurs qui redoutaient une explosion des coûts d’exploitation. Sans ce geste, certains auraient vu leurs marges fondre davantage. Le maintien de cette exonération garantit un minimum de stabilité pour des exploitants déjà acculés par les crises successives.


Autre perspective encourageante : des allégements fiscaux sont également prévus. La taxe foncière sur les terres agricoles sera réduite, passant de 20 à 30 %. Un bol d’air frais pour les agriculteurs, dont les charges sont de plus en plus lourdes. En cas de sinistre climatique ou sanitaire, la réintégration de la déduction pour épargne de précaution (DEP) sera exonérée à 30 %, une aide importante pour ceux qui doivent mobiliser leurs économies pour rebondir.


Formation et innovation pour performer à l'avenir


Face à la diminution du cheptel bovin, un nouvel avantage fiscal et social de 150 millions d’euros sera mis en place pour encourager l’élevage en France. Ce soutien est crucial pour maintenir cette filière stratégique, durement frappée par les crises sanitaires. Dans le même sens, l’aide à l’embauche de travailleurs saisonniers (le dispositif TO-DE) est pérennisée. Un soutien de 163 millions d’euros qui tombe à point nommé pour les exploitants en pleine campagne de récolte ou de semis.


L’avenir de l’agriculture repose aussi sur la formation et l’innovation. Pour cela, des fonds importants sont alloués à la recherche et à l’enseignement supérieur agricole. Le projet de budget consacre 2,1 milliards d’euros à ces filières pour préparer les agriculteurs de demain à faire face aux enjeux de demain : changement climatique, sécurité alimentaire et souveraineté nationale.


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